Une coupe importante dans la vie

Si le naturel fait défaut, Marcella Colazzo, coiffeuse spécialisée dans les perruques, vous fournira une parrure artificielle. Sa sensibilité pour une chose qu’elle ne connaît que trop bien est vraiment authentique.

Une nouvelle coiffure, une belle coupe, des compliments de la part de l’entourage... Nombreux sont ceux pour qui la métamorphose chez le coiffeur est un moment exquis. Pourtant, la situation est parfois plus compliquée. Notamment pour les clientes qui prennent place chez Marcella Colazzo. Ici, dans cette pièce lumineuse et séparée du reste du salon, la joie et la souffrance se côtoient plus que chez tout autre coiffeur. «Le moment le plus difficile, c’est quand je rase totalement la tête des femmes.»

La coiffeuse de Belp s’est spécialisée dans les prestations liées aux perruques. Sa clientèle se compose presque exclusivement de femmes. La plupart se rendent chez elle à la suite d’un traitement d’un cancer. Bien que ce motif ne soit pas associé à la joie, le résultat l’est souvent. «Je redonne ainsi aux femmes un peu de leur dignité.» De beaux cheveux épais et parfois longs ont toujours été un signe de force «et, pour punir quelqu’un, on commençait avant tout par le priver de sa chevelure».

Dans son petit havre de paix, Marcella Colazzo montre les options envisageables pour remplacer ses propres cheveux par une perruque. On y trouve des têtes de mannequins équipées de perruques: cheveux courts ou longs, coupe classique ou fringante. Lorsque la spécialiste capillaire explique ce qu’elle fait, elle évite surtout un tabou: parler de cheveux naturels et de cheveux artificiels. «Il n’est pas facile de parler de ce qui est naturel et de ce qui ne l’est pas, du moins vu de l’extérieur. Les perruques d’aujourd’hui sont si bien conçues qu’en règle générale elles passent inaperçues.»
 

  • Une coiffeuse qui ne se limite pas à couper les cheveux des gens: Marcella Colazzo dispose de perruques de toutes les couleurs aux coupes variées.

  • Une coiffeuse qui ne se limite pas à couper les cheveux des gens: Marcella Colazzo dispose de perruques de toutes les couleurs aux coupes variées.

Davantage de possibilités

Les perruques ont connu une évolution très rapide ces dernières années. «Ce qui était considéré comme sophistiqué il y a cinq ans est devenu standard.» Il suffit d’observer la manière dont sont constituées les différentes parties de cheveux. La plupart du temps, les cheveux sont noués sur un filet pour faire luire le cuir chevelu, ce qui limite les irritations. De plus, le dégradé de couleurs est plus naturel, balayant l’éclat «plastique». Il n’est pas si facile de détecter le côté artificiel de la perruque «car les cheveux qui la composent sont parfois de vrais cheveu». En fonction du degré de contact entre la chevelure et le corps, on recommande autre chose. Si la perruque est portée plusieurs heures par jour, Marcella Colazzo privilégie les perruques en cheveux naturels, pour les cheveux longs. Néanmoins, il convient ici aussi de faire la part des choses: des cheveux naturels ne sont pas forcément des cheveux humains. «Ils peuvent très bien provenir d’une chèvre ou d’un buffle.»

Dans d’autres cas, les cheveux artificiels sont posés sur la perruque naturelle. La spécialiste aborde ce type de détails avec ses clientes lors de leur première rencontre: la façon de procéder, l’utilisation de la perruque ou encore le choix de la coupe. Elle mesure également la circonférence de la tête. Ensuite, elle commande des modèles de perruque adaptés auprès de plusieurs fournisseurs. Enfin, le deuxième rendez-vous est fixé, «à ce stade, les réactions sont plus ou moins fortes, comme le sait Marcella Colazzo, car c’est le moment où les propres cheveux commencent à tomber».

Ce moment de vérité est toujours le plus difficile. Lorsqu’elle tond les cheveux et pose les perruques à l’essai sur la tête des clientes, ces dernières éprouvent des sentiments mitigés. Cependant, c’est souvent le soulagement qui l’emporte, car l’attente prend fin et, avec elle, l’incertitude. Le caractère décisif de ce moment dépend aussi de la situation personnelle. «Les personnes quelque peu plus posées, ayant peut-être atteint un certain âge, sont plus en mesure d’accepter la situation.»
 

L’empathie grâce à l’expérience personnelle

Essayer une nouvelle chevelure postiche encore inconnue et faire en sorte qu’elle siée bien est une démarche intime. Tant les clientes que la coiffeuse bénéficient alors de l’expérience personnelle de cette dernière: elle connaît la situation non seulement debout derrière le fauteuil de coiffure, mais aussi assise dessus. Il y a huit ans, Marcella a eu un cancer et a elle-même porté une perruque pendant quelques mois. Ainsi, savoir comment se déroule une maladie et en connaître les phases l’aide dans sa relation avec ses clientes. Si, sous l’effet de la proximité, quelqu’un espère recevoir un conseil médical, elle doit toutefois prendre ses distances. «Ce n’est pas ma tâche», déclare la citoyenne allemande qui vit en Suisse depuis bientôt 20 ans. «Ma tâche consiste à embellir les femmes pour qu’elles se sentent de nouveau bien dans leur peau. Si cela influence la manière dont elles surmontent leur maladie, c’est encore mieux.»

Souvent, une perruque réconforte non seulement la personne qui la porte, mais également son entourage. Surtout s’il y a de jeunes enfants. «Lorsque leur mère perd ses cheveux, c’est le premier signe indéniable que quelque chose ne va pas.» Ce fut aussi le cas dans sa famille. En particulier sa fille alors âgée de trois ans en avait beaucoup souffert, «elle voulait retrouver sa maman». La perruque est alors un bon moyen de ramener une once de normalité dans la vie familiale.

Connaissant fort bien la situation, la sienne et celle de ses clientes, Marcella Colazzo ajoute une prestation supplémentaire. Toutes les clientes reçoivent son numéro de portable personnel avec l’autorisation de l’appeler à tout moment, même le dimanche. Chaque maladie se déroule différemment. Il arrive souvent que la chute de cheveux se déclenche soudainement et certaines ne veulent alors pas perdre de temps. Il est rare que quelqu’un appelle à des heures insolites «mais la possibilité de le faire rassure». Marcella Colazzo n’a aucune difficulté à se mettre dans la peau de ses clientes. Son propre passé est plus qu’utile dans la profession qu’elle exerce aujourd’hui et en est aussi à l’origine. «Accompagner une personne pour l’habituer au port d’une perruque n’a rien à voir avec l’activité habituelle d’un coiffeur. Si je n’avais moi-même pas vécu cette expérience, je ne pourrais pas exercer cette activité.»

Portrait
Marcella Colazzo (40 ans) a appris le métier de coiffeuse en Allemagne, son pays natal, avant que l’amour ne la pousse à venir en Suisse à l’âge de 20 ans. Depuis 2001, elle gère le salon de coiffure Colazzo à Belp, avec son époux. Environ la moitié de sa clientèle est composée de femmes qui portent une perruque généralement suite à une maladie. Après être elle-même tombée malade et avoir porté une perruque pendant un certain temps, elle a décidé de se spécialiser dans ce domaine. Ce sont deux de ses oncologues qui l’ont encouragée à franchir le pas, compte tenu de l’offre déficiente dans le secteur des services de perruquier professionnel.

Agenda

Manifestations de la BCBE

Agenda à jour et inscriptions: bcbe.ch/manifestations

Journées sur le développement durable à la BCBE

Du 27 au 29 août 2019, centre de rencontre du siège principal, place Fédérale, Berne

Journée des familles de la BCBE

1er septembre 2019, Reconvilier

Séances d’information de la BCBE consacrées à la planification de la retraite

10 septembre 2019, Centre culturel Le Royal, Tavannes (en français)
17 septembre 2019, centre de rencontre du siège de Bienne (en français)
14 octobre 2019, Hotel Restaurant Weisses Kreuz, Lyss 
16 octobre 2019, centre de rencontre du siège de Berne, place Fédérale 
22 octobre 2019, Turbensaal Bellach, Bellach 
23 octobre 2019, centre de rencontre du siège de Bienne (en allemand)
23 octobre 2019, Schloss Hünigen, Konolfingen 
29 octobre 2019, centre de formation de la BCBE, Berne-Liebefeld

Concerts de lʼOrchestre des jeunes musiciens bernois (VBJ)

9 novembre 2019, palais des Congrès, Bienne